[2010] Ondes de chocs vs Phantom orchestra
Festival Scopitone – Nantes (44)
« Ondes de chocs Vs Phantom Orchestra » est un projet d’installation sonore dans l’enceinte du Blockhaus DY10. Ce projet regroupe deux installations qui seront présentées dans chacune des salles du rez-de-chaussée. Elles ont en commun le travail sur la mise en résonance propre d’un espace ou d’un objet, utilisant les lois de l’acoustique vibratoire pour modeler un signal électronique
classique.
Ondes de chocs est une installation sonore permettant de mettre en valeur l’acoustique d’un lieu. L’idée est d’émettre à travers un système de sonorisation spatialisé des “à coup” sonores qui mettent l’espace en vibration pendant seulement quelques centièmes de secondes, de façon à “secouer” l’espace sonore, et à créer ainsi de petites ondes de choc. Un travail qui fait référence aux effets sonores hollywoodiens ou développés dans les grosses productions de jeux vidéos, sauf qu’au lieu d’établir des effets sonores physiques standardisés, c’est l’espace de diffusion du son qui donne par ses dimensions et son esprit, l’effet le plus profond qu’il puisse intrinsèquement susciter. Au lieu d’être un effet scénique, il s’agit d’une respiration du lieu, dénuée d’atours spectaculaires, et pourtant physiquement prégnante.
Phantom Orchestra est une installation sonore visant à donner une dimension sonore à des objets a priori inertes. Le parti pris consiste à utiliser ici des instruments de musique comme vecteurs d’un son électronique pour produire dans l’espace d’installation une résonance électroacoustique créant un effet fantomatique.
Un son provenant d’une source électronique est couplé à une amplification dans le corps résonant d’un instrument de musique, puis est finalement émis dans l’espace acoustique d’installation. La scénographie consiste en l’installation d’une estrade ou de présentoirs sur lesquels seront disposés des instruments (un piano, une contrebasse, un trombone et un micro). Les instruments sont à portée de main et peuvent donc aussi être « excités » par les visiteurs, les sons sont alors repris par un système de micros créant une ambiance hybride entre l’émission sonore générée par les processus électroniques et l’interaction entre les spectateurs et les instruments.
Le projet s’appuie spécifiquement sur l’espace acoustique du Blockhaus DY10, l’ambiance émanant du lieu étant aussi un point prédominant dans l’effet scénographique recherché. Il s’appuie aussi sur des techniques de diffusion du son spécifiques (des transducteurs) permettant de faire vibrer les matériaux. L’objectif n’est pas de faire une installation à grand renfort de sonorisation, mais plutôt de préférer une écoute plus intimiste, avec des volumes sonores suscitant l’écoute, plutôt que de s’imposer aux spectateurs auditivement.
Ce travail n’aurait pas été possible sans le soutien du Blockhaus DY 10, de Desevedavy Nantes, et de l’Olympic.
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